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Le Major General Terry de la Mesa ALLEN : CO 1st & 104th

 
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MessagePosté le: 16/03/2007 20:12:04    Sujet du message: Le Major General Terry de la Mesa ALLEN : CO 1st & 104th Répondre en citant

Le Major General Terry de la Mesa ALLEN : CO 1st & 104th US infantry division



En guise de liminaires, nous vous signalons qu’il nous paraît impossible d’écrire une biographie, même aussi résumée que celle-ci, d’un homme comme le général Terry de la Mesa ALLEN sans parler des unités qu’il eut sous son commandement tant sa vie est mêlée à celle des divisions qu’il mena au combat et à celle de ses hommes. C’est pourquoi, au fil notre article, nous ne pouvons éviter de digresser vers des hauts faits d’arme des unités dont il eut la responsabilité. En effet, ces faits d’arme sont intimement liés à sa manière de conduire ses hommes au combat.

Biographie résumée, car Terry ALLEN mérite certainement mieux que quelques lignes narrant son histoire, un livre complet serait sans doute mieux approprié.


Le general Terry ALLEN est né la 1er avril 1888.

Fils d'un colonel de l'US ARMY et petit-fils d'un colonel d'origine espagnole qui servit dans l'armée de l'union lors de la guerre civile. Il avait un défaut de prononciation, il était bègue.

Il s'inscrit à l'académie militaire de West Point où il ne brilla pas.

Echouant en mathématique, il dut recommencer sa seconde année pour échouer à nouveau. De plus, Allen avait un grave problème avec l'autorité, ne se pliant à aucune discipline.

Il s'inscrit alors à l'université catholique de Washington, d'où il sortit diplômé en art.

Son diplôme en poche, il rejoint l'armée en 1912 où il est nommé au grade de second lieutenant., le grade d'officier le plus bas, au sein de la cavalerie, au Texas.

En 1918, après une série d'opérations de maintien de l'ordre, et ayant passé des examens, il est promu 1er lieutenant et enfin Capitaine au mois de mai.

Au mois de juin, il est muté à une unité du train en France avec le grade de Major(commandant).

Il rejoint bien vite l'infanterie. Il devait d'abord passer par une classe de formation des officiers d'infanterie. Arrivant la veille de la remise des diplômes de la promotion qui précédait la sienne, il se mit en ligne avec les officiers diplômés, et faisant semblant de rien, reçut son diplôme avec les autres.

Il prit les commandes du 3ème bataillon, 358ème régiment, 90ème division d’infanterie pour l'offensive de St-Mihiel. Blessé par des éclats d’obus, il fut transporté vers l’arrière inconscient. Retrouvant ses esprits, il sauta du brancard sur lequel il était transporté pour retourner sur la ligne de front et reprendre le combat.

Il y reçut la silver star. Un peu plus tard, il fut blessé par une balle qui lui traversa la bouche et brisa sa mâchoire. A peine remit de ses blessures, il revint à son poste. On dit qu'il ne bégaya plus jamais.

Il resta jusqu'en 1920 avec l'armée d'occupation, où lors d’une soirée de beuverie que ses collègues dirent mémorable, il se lia d’amitié avec un officier britannique. Particulièrement loquace, sur différents sujets que tous les hommes abordent dans un état d’ébriété avancé, il partageât la boisson avec l’officier anglais. Le lendemain, ses amis lui demandèrent s’il savait qui était l’officier en question. Il s’agissait en fait du Prince de Galles.

Celui-ci invita ensuite Allen pour une autre soirée bien arrosée. Allen refusa tout d’abord, inquiet de s’être déjà ridiculisé, mais fini par accepter sur l’insistance du Prince qui voyait en cet américain un personnage bien divertissant.

Il fut enfin rappelé aux USA.

Il se maria en 1928 Avec Mary Frances ROBINSON, ils eurent un fils en 29, Terry de la Mesa ALLEN, Jr

Il suivit des cours de perfectionnement de cavalerie et partit ensuite à la Command and General Staff School pour 2 ans.

Sur 241 élèves officiers, il termina 221ème. Le major de la promo fut un certain Dwight D Eisenhower.

Suivant des cours d'infanterie, il atteint le grade temporaire de Brigadeer General en 1940.

En effet, malgré le peu de volonté dans les études, ou dans la discipline, son dossier et ses aptitudes au commandement sur le terrain éclatait aux yeux de tous ses supérieurs et notamment, n’échappa à Georges S. Marshall, alors en charge de l’école.

Il continua son service dans la cavalerie, tout en continuant à suivre des cours sur le commandement divisionnaire de l’infanterie.

Il fut promu Major General en 42, et reçut le commandement de la 1ère division d’infanterie alors en manœuvre en Caroline. Son second était le Général Theodore Roosevelt Jr.

Il emmena la division en Ecosse puis en Angleterre, où elle s’entraîna dur sous le commandement de Allen. Il voulait entre autre que la division puisse effectuer une marche de 40 miles en 24 heures avec l’équipement complet, une fois par semaine. Il développa de plus une série d’entraînement pour développer les tactiques de combat de nuit qu’il affectionnait tout particulièrement car elle permettait d’épargner des vies.

Mais si Allen réclamait de ses hommes un dévouement total et des performances indiscutables au combat, il leur laissait une latitude, au niveau disciplinaire, qu’aucun autre officier n’aurait admit dans son unité.

La 1ère division, sous son commandement, acquit vit une très mauvaise réputation. Tant au sein de l’army que des civils anglais. En effet, la distraction la plus fréquente des hommes de ALLEN, était de « libérer » l’alcool anglais et les petites anglaise. Si toutes les unités de l’US ARMY partait en chasse de pub, d’alcool et de dames, les soldats de la first avait transformé cela en sport national, et forcément, des débordements réguliers ne purent être évités.

A la différence d’autres unités, on ne put maîtriser les soldats de la first. Le comportement de Terry ALLEN lui-même ne fut sans doute pas étranger à cet état de fait. En effet, ALLEN ne crachait pas sur la bouteille.

Les rapports pour mauvais comportements commencèrent à affluer et remontèrent jusqu’à Ike lui-même, y compris des rapports concernant ALLEN directement. Mais la qualité des soldats formés par ALLEN, ses aptitudes personnelles à commander sa division firent fermer les yeux de l’état-major sur les frasques de la première division et de son commandant « plus haut en couleur que quiconque » pour citer Ernie Pyle, correspondant de guerre qui suivi la division en Afrique du Nord.

Car si ALLEN laissait le champ libre à ses hommes, ne les fatiguait pas avec une discipline de fer, des règlements qu’il jugeait inutile, du drill qui ne servait qu’à la parade, en échange, ses hommes devaient devenir les meilleurs soldats de l’US ARMY, et pour cela, ALLEN mit en place un système d’entraînements incessants, et d’une difficulté bien au-dessus de la moyenne.

C’est grâce, ou à cause de cela, que la 1ère division, ayant des résultats supérieurs à ceux des autres unités fut de facto choisie pour l’opération Torch, l’invasion de l’Afrique du Nord.

Le 8 novembre 1942, la division d’ALLEN, faisant partie de la central task force débarqua à ORAN, en Algérie.

Il n’y eut que peu de résistance, opposée par l’armée officielle française. Ne disposant que de faibles moyens, ces troupes cessèrent le combat au bout de 2 jours

A la grande surprise de Terry ALLEN, sa division fut morcelée et dispatchée entre différentes unités britanniques. Un usage, auquel les troupes n’avaient pas été préparées, sous un commandement anglais, aux fondements foncièrement différents, de soldats qui n’avaient que peu de sens de la discipline, tous ces facteurs réunis, créèrent un ressentiment au sein des soldats qui ne remplirent leur mission que de mauvaise grâce.

Cette situation créa également une mauvaise réputation des GI’s au sein des troupes anglaises qui considérèrent leurs collègues américains comme des troupes de seconde zone sur lesquelles il était périlleux de compter.

ALLEN, furieux, protesta au plus haut de la hiérarchie, Ike lui promit de réfléchir à la question après qu’ALLEN se soit rendu jusqu’à son PC d’Alger. Mais avant de quitter les lieux, mécontent de ne pas avoir eu gain de cause, il prit à partie Walter BEDDEL SMITH, le chef d’état major de Eisenhower, en lui demandant « s’il s’agissait d’une guerre privée ou si n’importe qui pouvait s’y joindre ?».

Cette remarque, faites sous le coup de l’émotion allait coûter cher à ALLEN dans un futur assez proche.

ALLEN récupéra enfin son unité mais les choses tournaient mal pour les américains, alors sous les ordres du General FREDENDALL et qui avaient subi d’importants revers à Kasserine Pass.

La 1ère division d’infanterie, enfin réunifiées sous les ordres de son chef, et utilisée à bon escient par celui qui l’avait formée, fut placée en ligne de défense à l’ouest de Kasserine. Elle subit deux attaques de panzer. Sans aucun moyen de défense anti-char, les fantassins repoussèrent à deux reprises les hommes de ROMMEL et tinrent fermement la position

PATTON remplaça FREDENDALL à cette période.

Entre ALLEN et PATTON, les choses allaient très mal se passer. Bien qu’anciens partenaires de polo, tous deux excellant dans ce sport, bien qu’anciens officiers de cavalerie, alors que tous deux étaient des officiers prônant une doctrine militaire offensive, Patton et Allen ne s’entendaient pas. En effet, d’importantes différences de point de vue les séparaient.

Le premier, et pas des moindres, étaient la discipline. PATTON voulait appliquer une discipline de fer à ses troupes, or, nous l’avons vu, ALLEN laissait ses hommes agir à leur guise tant qu’ils faisaient leur boulot et cela pour leur assurer un bien-être, somme toute précaire en campagne.

En second lieu, la rigueur de la tenue vestimentaire. Nous connaissons tous le goût de PATTON pour l’excentricité de sa tenue, casque ciré, bottes et culottes de cavalier, cravache, colts à crosse de nacre au ceinturon, etc.

ALLEN, était un général soldat dans le sens le plus stricte du terme. Il n’était pas rare de le croiser dans sa tenue de combat complètement froissée, mal rasé et les cheveux trop long en bataille.

Forcément, lorsque PATTON instaura des règlements du type port de cravate obligatoire même au combat, cela ne figura rien de bon à la première division.

Le Lieutenant Harold MONICA, de la D Co., 18th inf. regt. se souvient : « chaque officier du 2ème corps appréhendé par les MP serait bon pour 25$ [d’amende]. J’ai entendu dire que certains ont essayé pour voir s’ils seraient pris et devraient payer. Ma cravate était un peu abîmée, mais je ne l’ai plus quittée. »

Enfin, les hommes de la Big Red One détestait PATTON, et l’histoire leur donnerait bien encore l’occasion de le haïr un peu plus, mais ils aimaient leur chef, qui partageait leur quotidien. En effet, ALLEN dormait souvent par terre, ou dans un fox hole, plutôt que dans un lit bien douillet dans un PC. Les hommes aimaient leur chef car il ne leur rendait pas la vie plus insupportable qu’elle ne pouvait l’être en campagne et se souciait avant tout de leur bien-être. ALLEN ne leur demandait en fait que deux choses. Suivre des entraînements constants et des plus rigoureux, entraînements organisés dés qu’une occasion se présentait même en campagne, et faire leur boulot jusqu’au bout, sans poser de question et en obéissant aveuglément aux ordres de leurs supérieurs. En échange de ce dévouement à l’armée, leur pays et leur mission, il leur laisserait la possibilité de vivre le mieux possible durant ces heures difficiles.

Voici une anecdote :Un jour PATTON passa par le QG de la première division. Après avoir discuté avec ALLEN, en sortant du PC, il vit des tranchées. ALLEN lui expliqua qu’il avait ordonné de creuser ces tranchées en cas d’attaque de la Luftwaffe pour la protection de ses hommes. PATTON qui y vit de la couardise baissa son pantalon et y urina disant alors à ALLEN « Voilà. Utilisez les maintenant ».

Sans attendre, voyant là une insulte à leur chef, les hommes de l’escorte de ALLEN firent sauter la sécurité de leur THOMPSON en un « clic » suffisamment audible pour que PATTON comprennent qu’il n’était plus le bienvenu en ces lieux.

Mais malgré leurs différents, PATTON avait du respect pour ALLEN et la manière dont il menait ses hommes au combat. Il savait qu’il pouvait compter sur lui et sur sa fighting first.

En mars, PATTON lança son offensive contre ROMMEL. Il envoya les 9ème et 34éme division d’infanterie vers Faid et Fondouk pour attirer l’ennemi, pendant que la 1ère division blindée et la 1ère division d’infanterie devaient prendre les objectifs prioritaires : traverser Kasserine Pass, puis prendre Gafsa, un nœud routier et cité ferroviaire, et briser les lignes ennemies à El Guettar.

le 16 mars 1943, la BRO s’élança vers Gafsa pour découvrir la ville abandonnée par les italiens. L’offensive continua vers El Guettar. La première division reçut de plein fouet la contre-offensive allemande menée par la 10ème panzer division, bien décidée à reprendre les lieux.

ALLEN mena ses hommes à la victoire, repoussant deux contre-attaques, bombardé par la Luftwaffe, certaines positions étant parfois débordées par l’ennemi.

Supporté par l’artillerie de la division et des tank detroyers, la première tint bon, repoussant les blindés allemands. Un radio de la division intercepta un message ennemi annonçant qu’une nouvelle attaque serait menée à 4:00 de l’après-midi. Cette attaque de blindé fut cependant repoussée par le commandement allemand à 4:45. Prêt pour l’attaque à 4:00, ALLEN, ne voyant rien venir, alla même jusqu’à faire envoyer un message aux allemands disant : « Qu’attendez vous ? Nous sommes prêts depuis 4:00 de l’après-midi ! Signé, première division ». A la fin de la bataille, 32 chars allemands étaient détruits, des centaines de fantassins tués et autant faits prisonniers.

Il écrivit dans une lettre à son épouse : « Nous nous battons contre les meilleurs soldats allemands que ROMMEL ait, et nous avons fait notre chemin centimètre par centimètre à travers une résistance désespérée. »

Dans une autre missive à son fils, il écrit encore : « Nos pertes sont sévères, mais les pertes infligées à l’ennemi sont bien pires. Les prisonniers allemands témoignent que l’efficience de l’artillerie de la première division est bien pire que tout ce qu’ils ont connu en Russie ou ailleurs ».

Le correspondant de guerre Ernest Pyle écrit : « Pour vous à la maison qui croyez que la campagne d’Afrique est une partie de plaisir, laissez moi vous dire juste une chose – la première division s’est battue plus ici qu’elle ne le fit durant toute la première guerre mondiale »

Les hommes menés par le General Terry ALLEN firent leur sa devise : « Nothing in hell could stop or delay the fighting first ».

En avril, PATTON, laissa les rênes du 2ème corps à son second, le Général Omar BRADLEY.

Malgré les pertes infligées à son unité ALLEN mena ses hommes à la poursuite des troupes allemandes et italiennes exsangues qui se rendirent e 1er mai.

La 1ère division fut alors retirée de la ligne de front pour retourner en repos dans les environs de Oran.

Mais arrivé à destination, ALLEN, et ses hommes devaient à nouveau faire parler d’eux.

En effet, le commandant militaire de la région avait rendu la zone off limit pour la 1ère division. Cela ne posa pas de problème particulier pour les fantassins de la première.

Ils libérèrent une seconde fois ORAN, et comme on peut s’en douter, leur passage fut accompagné de bars détruits, de visages tuméfiés et de maires furieux qui se plaignirent bien sûr aux autorités militaires.

ALLEN, soutint ses hommes, car lui aussi trouvait totalement anormal que l’unité qui avait été à la pointe de l’assaut depuis l’engagement américain conte les troupes du Reich, soit ainsi éconduite d’un peu de repos bien mérité au profit d’unité d’arrière et bien au chaud.

Encore une fois, Eisenhower ferma les yeux. En effet la prochaine étape était la Sicile et PATTON, en charge de l’assaut américain, lui avait déjà signifié qu’il n’irait nulle part sans ALLEN et ses fils de putes [sic].

Le 9 juillet, la première division, membre de la 7ème armée, à nouveau sous les ordres de PATTON, débarqua à Gela, dans le sud de la Sicile. Le lendemain matin, la Luftfeld panzer division Herman Goering contre-attaqua de toutes ses forces droit sur la première division. Son flanc gauche attaqué par la division italienne Livorno. La bataille dura 2 jours.

2 jours pendant lesquels la division blindée allemande tenta de rejeter la division de ALLEN à la mer. Une anecdote veut que ALLEN, depuis une tranchée dans laquelle il dirigeait les opérations se soit lancé à l’assaut, pistolet à la main, d’une unité allemande à portée de tir entraînant ses hommes à sa suite.

A un correspondant, qui face à la situation catastrophique, demandait à ALLEN s’il envisageait un repli, il répondit que rien ne lui faisait encore penser à un repli tant que les allemands n’aurait pas dépassé sa position, … il était sur la plage et les allemands 200 mètres.

Ayant repoussé les contre-attaques allemandes, ALLEN jeta ses hommes dans la brèche, pour finalement atteindre la ville de Troina au bout de 30 jours de marche forcée. Avant que la campagne ne soit terminée, ALLEN reçut un télégramme annonçant qu’il était relevé de son commandement et renvoyé aux USA.

L’action de la first en Sicile fut déterminant. En repoussant les attaques de panzer, elle a évité aux forces anglaises et américaines d’être coupées en 2. En poussant directement sa contre-attaque à travers le centre montagneux de la Sicile, elle retint des forces importantes pour la défense de Troina, forces qui ne furent pas utilisées pour combattre les anglais en route vers Messine, ou contre la 3ème division d’infanterie qui combattait à Palerme. Une fois Palerme, les forces américaines purent longer la côte à toute vitesse vers Messine. Même si ce fut trop tard pour empêcher l’embarquement des troupes allemandes qui purent rejoindre en masse le continent.

Il fut remplacé par le Général Clarence Huebner, d’un style totalement différent (pour résumer il était règlement, discipline et drill)et pourtant lui aussi offensif. Vétéran lui aussi de la première guerre mondiale, il était en plus vétéran de la 1ère division, mais malgré cela, il aurait bien du mal à remplacer ALLEN dans le cœur des hommes qui en voulurent énormément à PATTON qu’ils tenaient pour responsable du départ de leur chef.

L’affaire, très médiatique, de la gifle faite à un soldat de la first n’arrangea pas les choses et malgré les excuses face à toute la division, les hommes de la première division n’eurent pas plus de sentiment pour PATTON que pour les allemands. Les hommes détournèrent d’ailleurs son surnom « old guts and blood » en « his guts and our blood » ses tripes et notre sang.

Mais cela est une autre histoire, le chemin de Terry ALLEN se séparait de celui de la première division d’infanterie. Mais nul doute que c’est en grande partie grâce à lui que la première division fut ce qu’elle était, l’une des unités la plus ardente au combat, il marqua son empreinte sur elle comme ses hommes marquèrent de leur empreinte les plages d’Afrique du Nord, de Sicile, ou encore, mais sans lui cette fois, les sables de Normandie.

Si la division fut rajoutée à l’effectif de base du d-day, c’est parce qu’elle était la meilleure unité d’infanterie de l’US ARMY de l’époque et qu’elle avait été formée par Terry ALLEN.

Le Capitaine Harry BUTHCHER, porte parole d’Eisenhower; écrivit dans son journal après s’être rendu à maintes reprises dans les différents centre d’entraînement pour le débarquement : « Je suis inquiet à propos … de ces jeunes officiers que j’ai vu … Ils semblent regarder la guerre comme une grande manœuvre dans laquelle ils prennent du bon temps. Beaucoup semblent être aussi bleu que des novices puissent l’être. Comment agiront-ils dans la bataille ? … Une bonne part des colonels m’inquiètent également. Ils sont gras, gris et vieux. La plupart d’entre porte le ruban de la dernière guerre et se battent encore comme à l’époque. La première division est la seule division d’infanterie américaine expérimentée prenant part à l’assaut. »

Si Huebner fut en grand chef de guerre, à la tête de la first, et sans lui enlever le mérite et l‘éclat des actions auxquelles la division prit part sous son autorité, il reprit en main l’une des unités les mieux formées de l’armée et il dit : « Personne n’aurait pu tirer de ces hommes ce que ALLEN en tira. »

Le « licenciement » d’ALLEN est toujours entouré d’un part d’ombre. Il est vrai que la missive par laquelle il apprenait son renvoi aux USA lui fut remise trop tôt, et qu’elle ne devait lui parvenir que lorsque la campagne de Sicile serait terminée.

ALLEN mit cela sur le dos de la nécessité de faire tourner les unités entre les mains de différents officiers, principe défendu à la fois par PATTON et EISENHOWER.

Ses hommes mirent tout sur le dos de PATTON.

En fait cet ordre émanait directement de BRADLEY, qui pour certains, n’aimaient pas les manières de ALLEN, pour d’autres, poussés par BEDELL SMITH (avec qui ALLEN avait eu des mots) aurait préféré renvoyer ALLEN aux USA, BRADLEY invoqua le fait que ALLEN aimait trop ses hommes, et que cela pourrait nuire dans de futures opérations.

Cependant, si pour certains officiers généraux, un tel licenciement signifiait la fin d’une carrière, pour ALLEN, il n’en fut rien.

En effet, de retour aux USA se rendit au Texas pour y retrouver les siens.

On lui confia ensuite le commandement d’une nouvelle division, la 104ème division d’infanterie, la timberwolf division. La 104ème débarqua en Europe le 7 septembre 1944.

Elle fut tout d’abord placée sous le commandement de la first canadian army en position de défense à l’Est de la Belgique.

Après une offensive en Hollande, elle fut ensuite redéployée dans la sanglante bataille de la forêt de Hutgen, aux côtés des 1ère, 4ème, et 28ème divisions d’infanterie et du CCR de la 5ème division blindée.

Là, fidèle aux principes qu’il avait mis en place à la première division, ALLEN privilégia le combat de nuit. Type de combat dans lequel la 104ème division excella. La bataille de Hurtgen fut l’une des plus sanglantes que les GI’s eurent à livrer. Le souvenir de ce combat ne s’est estompé qu’à cause de la bataille des Ardennes qui la suivit de quelques jours, mais les vétérans qui ont connu la forêt dévastée de Hurtgen, couverte du sang des leurs ne l’ont jamais oubliée. ALLEN y était et il mena sa division à la victoire comme il l’avait fait en Afrique et en Sicile.

La 104ème fut ensuite déplacée vers Aix-La-Chapelle où elle releva la 1ère DI, qui devait décidément à nouveau croiser le chemin du premier officier qui l’avait menée au combat dans ce conflit.

Les timberwolves boys aimaient leur général au moins au temps que les hommes de la Big Red One, l’avaient aimé. Un correspondant rapporta que ses hommes retiré du front sortirent spontanément des rangs pour lui rendre les honneurs, et lui manifester leur dévouement.

Après la bataille des Ardennes où elle défendit les villages de Düren et Merken, la 104ème, ALEN en tête, participa à la contre-offensive et à l’entrée en Allemagne, elle prit Cologne, ferma la poche de la Rurh en entrant en contact avec la 9ème armée après un sprint de 194 Km, le résultat fut 335.000 prisonniers allemands.

A la fin de la guerre, la 104ème rentra aux USA, en Californie, prêtes à partir pour le Pacifique, mais elle fut dissoute le 27 juin 1945. ALLEN prit sa retraite le 31 août, retraite amplement méritée.

Il s’installa à El Passo, Texas. Son fils unique, Terry de la Mesa ALLEN, Jr., fit également une carrière militaire. Diplômé de West Point, il partit pour le Vietnam en tant que Lieutenant Colonel, avec sous ses ordres un bataillon de la 1ère division d’infanterie. Il fut tué au combat en 1967.

Il fut enterré au cimetière militaire d’Arlington. Terry ALLEN, recevant les proches après les funérailles dit à l’assemblée : « Qu’il n’y ait pas de larmes versées dans cette maison ! C’est la demeure d’un soldat d’infanterie. »

Le Major General Terry de la Mesa ALLEN s’éteignit en 1969, 2 ans après son fils. Il fut inhumé au cimetière national de Fort Bliss d’El Passo avec tous les honneurs militaires.

Il été récipiendaire des décorations suivantes :

Silver Star,
Purple Heart with Oak Leaf cluster,
Distinguished Service Medal with Oak Leaf cluster,
Legion of Merit,
Honorary Companion of the most Honorable Order of the Bath (Anglais),
Croix de Guerre française avec Palmes,
Ordre de la Légion d’Honneur (France),
L’Ordre Soviétique de Suvorov, Class II (Or)

En guise de conclusion, je laisserai le mot de la fin au Capitaine Albert Schwartz, aide de camp de Terry ALLEN à la 104ème division d’infanterie:

"There was no one quite like the 104th's Chief Timberwolf... Terry Allen was a helluva leader, an outstanding soldier, and a great guy!"


Bibliographie:
http://www.104infdiv.org
http://www.webbuild.net/
http://en.wikipedia.org
http://www.warchronicle.com/
http://www.virtualwall.org/
http://www.aradergalleries.com/
The fighting first : the untold story of the BRO on d-day par Flint WITHLOCK


C'est un article que j'ai rédigé pour le journal de mon club.

Amicalement
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YANKEE'S GROUP
Mon blog

blog du PTO REMEMBER GROUP
http://usww2.forumactif.fr


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MessagePosté le: 16/03/2007 20:12:04    Sujet du message: Publicité

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L'Amiral
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MessagePosté le: 17/03/2007 10:48:18    Sujet du message: Le Major General Terry de la Mesa ALLEN : CO 1st & 104th Répondre en citant

Un très grand merci Target!!
Je ne connaissait pas du tout ce général!
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MessagePosté le: 17/03/2007 12:06:58    Sujet du message: Le Major General Terry de la Mesa ALLEN : CO 1st & 104th Répondre en citant

superbe target, encore un sujet que je ne connaissait pas. good

a++++++


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MessagePosté le: 04/12/2016 07:10:27    Sujet du message: Le Major General Terry de la Mesa ALLEN : CO 1st & 104th

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