Index du Forum




 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Opération Varsity

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum -> L'Histoire de la Seconde guerre mondiale -> Campagnes et Opérations
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
L'Amiral
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 08 Nov 2005
Messages: 7 371
Anniversaire: 29/06/1976
Localisation: Arquennes - Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 26/05/2008 19:45:58    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

Bonjour,
je suis occupé à traduire en français un site d'un ami vétéran William K Tom (infirmier 194th GIR / 17th A/B)
Et dans son site, il dit que l'opération Varsity était un vrais secret de polichinelle!!!
Les Allemands savaient où et quand ils allaient sauter!
Bill l'a appris parce qu'il soigna aussi bien des américains que des prisonniers Allemands. Et tous lui dire la même chose... Ils savaient!! C'est pour cela qu'il y eu plus de perte durant le saut en Allemagne qu'en Hollande ou en Normandie...
Avez-vous des infos sur ce sujet??
______________________________
Mon site: http://usairborne.be
l'adresse mail: x_va@hotmail.com

"L'homme est souvent décevant,
mais parfois époustouflant."
Olivier de Kersauson


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: 26/05/2008 19:45:58    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Pathfinder
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: 26/05/2008 20:07:27    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

Non c'est une opération sur laquelle je ne me suis jamais penché, par contre il existe une magnifique série de photos prise par Robert Capa publiée dans Life Magasine, Capa sauta avec les paras ce qui lui valus une magnifique série de clichés. good

Revenir en haut
L'Amiral
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 08 Nov 2005
Messages: 7 371
Anniversaire: 29/06/1976
Localisation: Arquennes - Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 27/05/2008 06:07:42    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

Tu en aurais à nous montrer?? J'ai vu que celle que j'ai mise dans le poste cliché de la WWIIen était déjà une!

______________________________
Mon site: http://usairborne.be
l'adresse mail: x_va@hotmail.com

"L'homme est souvent décevant,
mais parfois époustouflant."
Olivier de Kersauson


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Glider Pilot
Modérateur - MP
Modérateur - MP

Hors ligne

Inscrit le: 23 Fév 2006
Messages: 2 608
Anniversaire: 10/02/1973
Localisation: Région de Mons, Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 27/05/2008 11:58:51    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

En résumé ça a été la plus grande opération aéroportée de la guerre et aussi la plus réussie, c'est la première fois qu'ils ont utilisés des C47 tirant 2 planeurs à la fois et aussi la première et dernière fois qu'ils ont utilisé des C46 pour le larguage.
L'avantage du C46 c'était d'avoir 2 portes donc ça permettait de faire sortir les hommes plus vite, l'inconvénient c'est qu'au moindre trou dans le réservoir l'essence se déversait dans la carlingue et boum.

Quelques photos et petite histoire vue du côté d'un pilote de planeur ici : http://us.army.39.45.xooit.com/t389-George-Theis-Pilote-de-planeur.htm
______________________________
The G on their chests did not stand for glider, it stood for guts.

www.hepburn-music.com


Dernière édition par Glider Pilot le 23/12/2009 23:18:56; édité 1 fois
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Pathfinder
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: 28/05/2008 06:14:15    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

L'Amiral a écrit:
Tu en aurais à nous montrer?? J'ai vu que celle que j'ai mise dans le poste cliché de la WWIIen était déjà une!


La série est dans mon Life magasine, et je n'ai pas de scanner ;Sad


Revenir en haut
L'Amiral
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 08 Nov 2005
Messages: 7 371
Anniversaire: 29/06/1976
Localisation: Arquennes - Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 28/05/2008 06:39:27    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

bououououh

Concernant l'opération Varsity, comme la dit Glider, ce fut la plus grosse opération aéroporté de la WWII!
Quelques chiffres: 1.042 avions et 1.380 planeurs!!
Pour la 17th A/B, 3 des 4 Medal of Honor décernés furent dans le courant de cette opération!


______________________________
Mon site: http://usairborne.be
l'adresse mail: x_va@hotmail.com

"L'homme est souvent décevant,
mais parfois époustouflant."
Olivier de Kersauson


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
L'Amiral
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 08 Nov 2005
Messages: 7 371
Anniversaire: 29/06/1976
Localisation: Arquennes - Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 12/09/2009 13:21:05    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

Petite histoire de Varsity:
Sautant le jour J deux minutes avant la 6th British Airborne Division et huit minutes avant son régiment frère, le 513th, le 507th Parachute Infantry Regiment dirigé par le colonel Edson Raff, revendique la distinction d'être la première troupe de parachutiste à terre sur le sol Allemand. Le colonel Raff a également été le premier à sauter dans la campagne nord-africaine, la première opération aéroportée de l’armée américaine.
Derrière les trois premiers avions de commandement du régiment sont venu les appareils du 1er Bataillon du major Paul F. Smith, de Boston, Massachusetts, à la tête du 4ème appareil. Le reste du stick était composée de soldats de la Compagnie B qui est devenue la première compagnie de parachutistes à traverser le Rhin. Etant la première unité à toucher le sol à Wessel, les hommes du 1er Bataillon durent décider qui remporta l'honneur de capturer le premier prisonnier allemand en premier.
Parmi les hommes à réclamer cet honneur, il y eu le Staff / Sgt. Robert Vannatter, de Dayton, Ohio.
Le Sgt. Vannatter reçut la capitulation d’un Allemand venant vers lui avant même qu'il n’eût atteint le sol. Selon Van, il venait d'atterrir dans les arbres et était suspendu à deux pieds du sol quand il a repéré un Fritz armé d'un fusil à quelques mètres de distance. Tirant à la hâte sa carabine, qui n’était même pas armé, il l’a braqué sur l’Allemand qui pensaient que l'arme était chargée.
"Le Kraut jeta son fusil, expliqua le Sgt. Vannatter, et arriva en courant vers moi – J’ai cru que c’était fini. Au lieu de cela, il jeta ses bras autour de moi et m'a embrassée. Puis il commença à m'aider comme je tailladais au moyen de mon couteau de tranchée à me sortir de mon harnais."
______________________________
Mon site: http://usairborne.be
l'adresse mail: x_va@hotmail.com

"L'homme est souvent décevant,
mais parfois époustouflant."
Olivier de Kersauson


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
L'Amiral
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 08 Nov 2005
Messages: 7 371
Anniversaire: 29/06/1976
Localisation: Arquennes - Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 12/09/2009 15:00:12    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

Encore une anecdote

Un planeur d'un des escadrons de fusilier de la compagnie A du 194th  GIR durant l'opération Varsity, fut un de ces malheureux qui ne trouva pas la zone d’atterrissage assignée. Le planeur a rebondi et s’est couché dans un champ dégagé le long d’un fossé peu profond. Automatiquement des tirs d'armes légères ont commencé à ratisser les restes du planeur, les hommes, dirigé par un S/Sgt âgé de 21 ans, Gerry Quick G d’Indiana en Pennsylvanie, plongèrent hors du planeur et tombèrent dans le fossé. Les Allemands, cependant, avaient pris le fossé pour cible et ils le ratissèrent d’un feu meurtrier.
L'un après l'autre les hommes pris au piège étaient touchés et même si ils se battaient vaillamment, Quick réalisa que la situation était désespérée. Il cria aux autres membres de son escouade de cesser le feu et lança son casque hors de la fosse en signe de reddition.
Les tirs ont cessé et plusieurs Allemands ont quitté leurs positions et avancèrent prudemment vers le fossé. L'un des nouveaux remplaçants qui connaissait sa première expérience du combat, était très nerveux et ne sachant pas vraiment ce qui se passait, il leva les yeux et vit l'un des Allemands à seulement quelques mètres de lui et dans un réflexe il souleva sa M-l, tira et tua l'Allemand instantanément.
Comme les allemands se jetèrent au sol, la fragile trêve fut rompue et le tir des armes automatiques provenant des positions allemandes laboura la erre de la fosse touchant les hommes recroquevillés. Le S/Sergent Quick est tombé mort avec d’autres hommes de troupe comme Don Wonderly et Al Poulsen. Tous les trois étaient ensemble depuis que la division avait été activée et étaient dans la Compagnie D du 193rd GIR. En tout, seulement cinq de l’escouade de 13 hommes que comptait le planeur réchappa au tir. Un de ceux qui fut blessé et fait prisonnier fut le remplacement, dont l'acte avait causé l'assaut final. Les conséquences sont devenus un lourd fardeau à supporter pour ce jeune homme et il pesait lourdement sur sa conscience depuis des années. Enfin, en 1983, il assista pour la première fois à une réunion des anciens de la division, qui s'est tenue cette année là à Memphis. Et plus précisément, il voulait rencontrer son ex-commandant de compagnie et ses copains pour ceux qui sont morts ce jour-là. Ils étaient là, et les larmes aux yeux, même après toutes ces années, il leur demanda pardon pour son erreur fatale. Bien sûr, il le fut sans hésitation. Cela c’était passé il y a longtemps et les vieux soldats avaient grandi, mûri, avec le passage du temps. Après tout, ce n'était qu'un des mille incidents tragiques provoqués par la guerre et nul ne peut être tenu responsable.
______________________________
Mon site: http://usairborne.be
l'adresse mail: x_va@hotmail.com

"L'homme est souvent décevant,
mais parfois époustouflant."
Olivier de Kersauson


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
L'Amiral
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 08 Nov 2005
Messages: 7 371
Anniversaire: 29/06/1976
Localisation: Arquennes - Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 23/12/2009 20:03:21    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

Quelqu'un pourrait-il m'aider j'ai un souci avec des dates, et je veux savoir si c'est "plausible"...

Citation:
Le 6 février 1945, alors qu’une conférence se tient au sujet des opérations Plunder et Varsity se tient près de Saint Germain, la 17th Airborne Division se bat encore dans le secteur de Clervaux le long de l’Our au Luxembourg. Lors de cette conférence, les chiffres du nombre d’appareil disponible pour le transport des divisions aéroportées sont communiqués, il est insuffisant pour pouvoir transporter 3 divisions. Entre les deux divisions Américaines, les officiers Allées tranchent, ce sera la 17th Airborne, la 13th Airborne Division n’ayant encore jamais combattu, elle sera maintenue en réserve.


Est-il possible, qu'à cette date, les plans pour Varsity soient déjà préparés?? Où se trouvait Monty à ce moment là?? Ce qui est sûr c'est que, à cette date, la 17th reçut l'ordre de quitter le front pour le 10 février pour se préparer et compléter ses effectifs. Elle se regroupa à Chalons sur Marne en date du 11...

Merci!

______________________________
Mon site: http://usairborne.be
l'adresse mail: x_va@hotmail.com

"L'homme est souvent décevant,
mais parfois époustouflant."
Olivier de Kersauson


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Glider Pilot
Modérateur - MP
Modérateur - MP

Hors ligne

Inscrit le: 23 Fév 2006
Messages: 2 608
Anniversaire: 10/02/1973
Localisation: Région de Mons, Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 23/12/2009 23:16:50    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

Dans le livre Green Light histoire du 81st troop carrier ils disent :
La planification d'une opération aéroportée de l'autre côté du Rhin a commencé à voir le jour en septembre 44, a ce moment le Bas Rhin était le seul morceau de rivière où les forces alliées étaient les plus proches pour supporter une action aéroportée de l'autre côté du fleuve.
Plus loin au sud du fleuve tout dépendait de la capacité des Américains à traverser le Rhin et à percer la ligne Siegfried.
La bataille des Ardennes a bien sur donné un coup de frein a une telle opération aéroportée.
Cependant EN FEVRIER 1945 devant l'avancée fulgurante du rouleau compresseur Soviétique, l'espoir d'un fin de guerre proche revint et FAAA ressorti l'idée de Varsity des cartons et commença une planification sérieuse.
______________________________
The G on their chests did not stand for glider, it stood for guts.

www.hepburn-music.com


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
L'Amiral
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 08 Nov 2005
Messages: 7 371
Anniversaire: 29/06/1976
Localisation: Arquennes - Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 06/03/2010 13:06:07    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

Un long article traduit par mon ami Pascal:
Citation:
JUMP INTO GERMANY by Edward C. Hottelet

La grande offensive parachutiste de l’autre côté de la partie Nord du Rhin le 24 mars était sans doute la dernière grande histoire de la guerre en Europe donc d’un côté informations comme d’un côté rapport technique l’armée voulait une couverture visuelle complète de l’opération.
Donc les forces Américaines de transport a mis de côté un magnifique B17 argenté, l’a chargé avec ses observateurs et cameramen de combat, m’a fait monter à bord avec mon équipement de prise de son et nous a envoyé couvrir l’opération.

Le plan était de prendre une petite mais très importante partie de la rive est du Rhin en Allemagne.
Au sud d’autres armées étaient rassemblées et prêtes à traverser la rivière, tandis qu’au nord près de la frontière des Pays-Bas, la deuxième armée Britannique était stoppée par une forte opposition venant des alentours de Wesel.

Le jour était planifié pour le 24 mars et deux divisions, la 6eme airborne Britannique et la 17eme airborne Américaine devait être amenées à basse altitude par dessus le Rhin et être larguée sur les hauteurs à 5 miles au Nord Ouest de Wessel.
En même temps que le génie devait noyer 30 miles de la zone avec de la fumée, la deuxième division du Général Miles C. Dempsey devait traverser le Rhin 6 heures avant les premiers largages, et pousser à l’intérieur des terres pour rejoindre les paras.

Dans les faits ce plan était mieux planifié que celui d’Arnhem, le travail avait été alors bien fait mais les parachutistes étaient tellement loin des troupes terrestres que les Allemands qui se trouvaient entre les deux ont pu en même temps contenir les troupes terrestres et anéantir les troupes aéroportées.

Cette fois la zone était beaucoup plus petite et plus vitale.
Pendant les jours précédant l’opération les 4 zones de parachutage ou d’atterrissage de planeurs ont été sérieusement nettoyées par l’aviation tactique qui a balayé les routes aux alentours des zones, détruit les position antiaériennes et découvert et mit en pièce les colonnes de renforts Allemands qui se trouvaient à l’Est de Wessel.

Pendant ce temps la 17eme airborne, qui n’avait pas encore l’expérience de saut de combat, faisait des sauts d’entrainement dans le Nord de la France, il n’étaient arrives en Europe qu’en décembre.
La 6eme airborne Britannique qui était un groupe aguerri par le combat, s’entraînait quand à elle en Angleterre.

A 08h30 le 24 mars une grande parade d’avions Anglais rencontrait son équivalente Américaine au dessus de Bruxelles, Belgique. Il y avait 500 avions en tout, escorte comprise et ils prirent un virage vers le nord est en direction du Rhin.
Lorsqu’ils franchirent le fleuve les parachutistes confiants qui s’attachaient au lignes de saut pouvaient voir des gros nuages de fume noire monter du sol, les bombardiers lourds avaient finis de préparer le terrain.
La météo était des notre.

La seule chose inquiétante pour moi au sujet de cette mission était le fait que je n’étais justement pas du tout inquiet.
Mais ce petit doute disparu après ½ de vol. La vue aérodrome après aérodrome en France du Nord chargé d’avions et de planeurs qui décollaient ou prêt à le faire était le signe du puissance qui ne laissait aucun doute (sur la réussite.)

Le ciel au dessus de nous était bleu pale. En dessous de nous les champs dorés et les prairies d’un vert éclatant étaient coupés par les longues ombres du matin. (Je en sais comment il a vu des champs dorés en mars!!!).
Nous voulions à à peine 100 pieds, se penchant sur l’aile de temps à autre pour laisser le cameraman prendre ses images et nous avons aperçu les solides colonnes verte-olive d’avions de transport et tracteurs de planeurs, nez à dos sur les pistes périphériques de nos bases au sol.
Nous avons vole d’un aérodrome à l’autre jusqu’au moment où c’est devenu monotone, nous nous sommes alors assis sur nos vestes antiflak et nos parachutes dans la carlingue et nous avons regardé le ciel.
Je n’éprouvais plus de sentiment de doute.

Malgré le fait que nous avions retiré une des fenêtre du fuselage il faisait chaud, le soleil était en train de monter, j’était absorbé par le ronronnements de nos 4 gros moteurs et le sifflement de l’air dans le fuselage ouvert dans ce qui pouvait raisonnablement passer pour une partie d’un jour parfait quand quelqu’un m’a poussé et a pointé quelque chose de mon côté.

Je me suis levé et regardé, enfin les voici, des centaines de C47 volant en formations serrées.
A partir de maintenant ça n’était plus qu’une question de boulot, strictement et froidement, les transports paraissaient élégants et voguaient d’en haut en bas sur les turbulences aériennes et les soufflés des hélices comme des gros homes surfant à leur aise.
Mais à l’intérieur il y avait des centaines de jeune gens, finement entraînés et armés jusqu’aux dents.

Attachés en dessous du ventre vert des appareils étaient les containers à explosifs à munitions et approvisionnements pour les parachutistes.
Ils avançaient inexorablement avec derrière eux d’autres formations et encore derrière celles là d’autres formations jusqu’au moment où la procession a disparu dans la fine brume de ce mois de mars.

Le Colonel Joel O’Neal deputy chief des équipes des transports de troupes a miss a veste de flak par dessus son harnais de parachute et attaché les oreillettes métalliques de son casque antiflak par dessus ses Oreilles.
Nous avons fait le même.
Les 3 photographes, cameras tournantes, se sont bousculé aux fenêtres du fuselage lorsque que commencions à tourner autour des avions largueurs.

L’heure H pour lâcher les paras était prévue à 10h. Un peu après 09h45 nous sommes passes au dessus de notre dernier checkpoint.
Il était appelé IP Initial point/Point de départ le même que si nous aurions fait un bombardement.
Son nom de code était Yalta.
Tout d’un coup le sol doré par le soleil du matin tournait au gros, pendant un moment j’ai cru que nous passions dans des nuages, ça nous semblait impossible.
Ensuite un relent nous a fait comprendre que c’était le nuage de fume artificielle.
En dessous et autour de nous s’étendait un nuage de fume qui couvrait à des kilomètres à la ronde la berge ouest du fleuve, le fleuve lui même et un peu de la berge est.

Maintenant il n’y avait plus ici de lumière du soleil, le centre de cette terre verte et fertile s’était clairement transformée en une zone de mort.
La fume ressemblait à un linceul, ses bords étaient indistincts.
Ce qui semblait chaud apparaissait maintenant froid et presque moite.
Sur notre gauche apparaissait le premier groupe de pathfinders, nous volions à 700 pieds (210 mètres).

En dessous de nous il n’y avait aucun signe de vie. Nous avons cherché après les troupes qui devaient traverser le Rhin sur leur LCVP’s et LCM’s mais nous n’en avons vu aucune.
Le fleuve en dessous de nous était le dernier ruban gris de cette morose plaine grise, sur notre gauche les avions de transports, dauphins en gestation sur une mer sinistre et en dessous sur notre droite, directement dans le soleil, la masse noire de la ville de Duisburg.
Le soleil réfléchissait des panneaux de lumière sur la zone de combats depuis les basins de l’énorme port intérieur de la ville.

Par dessus le ronronnement des moteurs et le sifflement de l’air par les fenêtres nous avons entendu une faible détonation, le Colonel O’Neal m’a attrapé par les épaules et m’a pointé quelque chose du doigt.
L’intercom a grésillé et une voix sèche a annoncé “ Flak à 12h et 09h” mais ils sont trop courts.
Dehors venant de Duisburg arrivaient les obus des 88 Nazis, des petits nuages de fumée noire éclataient assez loin sur notre droite, tout d’un coup je me suis rendu complet dans quelle état de tension j’étais.
Il n’y eu plus de flak après ça et je commençais à me relaxer.

Juste après cet épisode nous sommes arrives au dessus de la première zone de largage, il était 09h50, 10 minutes trop tôt.
Sur notre gauche les parachutistes se jetaient des C47, leurs toiles de voilure camouflée se mêlant avec le sol gris foncé.
La formation d’avions de transport ressemblait à une limace laissant derrière elle une traînée verte en avançant et elle rampait à 115 miles à l’heure.
Notre grosse forteresse semblait pour moi toujours limite de la vitesse de décrochage.

Nous regardions les parachutes bleu ciel, rouge ou jaune des approvisionnements se mélangeant avec ceux des homes qui descendaient et admirions la concentration de ce premier saut lorsque nous avons été touché la première fois.
Je fut à la fois surpris et peiné, le sol que nous pouvions voir à travers la fumée était tourmenté comme si un gigantesque semoir était passé dessus, c’était franchement une insulte pour tous que quelqu’un soit resté là dessous pour nous tirer dessus.

Ca a fait le bruit d’une riveteuse, un grosse riveteuse, Pendant un moment je n’ai rien remarqué mais j’ai ensuite sentit l’explosif, une puanteur qui me rendait tout le temps malade.
Vous sentez cela dans les bombardiers de retour de mission quand les mitrailleurs nettoient leurs armes.
Mais nous n’avions pas de mitrailleurs, nos mitrailleuses étaient emballées et celles de fuselage démontées. Nous étions là pour faire des photos et enregistrer pas nous battre mais il y avait eu ces petits coups secs sur l’appareil, nous avions été touché.

Le saut était fini donc nous avons tourné sur notre gauche en montant alors que la première formation tournait sèchement sur la droite et foutait le camp.
J’ai écouté les moteurs, ils tournaient encore sainement, le sifflement du vent et le craquement du fuselage étaient les mêmes.

Nous avons tourné en rond pendant une minute ou deux et avons rejoint une autre formation qui arrivait sur sa zone de largage.
Au sol nous pouvons occasionnellement voir des éclairs de canons mais rien d’autre comme signe de vie.
Il n’y avait plus de flak et donc encore une fois je me détendit et remarqua à quel point j’étais tendu.
Nous avons regardé la formation avec ses quinze formations serrées de 3 avions en V larguer son chargement.

A à peu près 100m de nous sur un des avions qui lâchait ses parachutes par l’arrière une lueur jaune a soudainement bourgeonné à l’arrière.
Ca n’était pas la réflexion du soleil sur le plexiglass, c’était des flammes.
L’avion a alors tourné sur sa gauche en chute libre sur une pente raide, je me suis souvenu de deux avions de la première vague qui aussi étaient partis en chute sans dommages apparents. Sans doute que les pilotes avaient été touchés par la flak.
Ce groupe a fini son boulot et a pris la direction de la maison.

Il me semblait tout d’une fois complètement fou d’être là à ce moment parce que nous étions un énorme B17 brillant volant à la limite de décrochage.
Nous étions certainement la plus évidente cible volant dans le ciel.

Les Allemands ont du arriver à la même conclusion. Nous étions maintenant au dessus de la zone depuis 20 ou 25 minutes.
Nous avons encore refait un tour et avons enregistré la première formation de C46 qui arrivait.
Ces avions, le Curtiss Commando, pouvait transporter plus de parachutistes et les larguer par deux portes à la fois, c’était la première fois qu’ils étaient utilisés dans cette opération.
Nous nous sommes inclinés de nouveau en direction du Rhin pour pouvoir mieux les prendre.

Et c’est à ce moment que les ennuis ont commence. C’était peut-être le même canon, je ne l’ai pas vu mais l’opérateur radio Roy Snow a vu des traçantes venir du sol et a levé ses pieds pour laisser passer les obus. Dans le fuselage nous avons entendu de nouveau la ‘’riveteuse’’, un impact bref puis un plus long.
La lourde jackette anti flak avec ses écailles de métal et le casque lourd anti flak, qui m’alourdissaient depuis longtemps, me semblèrent soudainement légers et confortables.
Puis nous avons senti une ondulation( ???), l’appareil a commencé à frémir, j’ai saisi ma pipe.
Ensuite comme si ça avait été répété auparavant nous étions tout les cinq debout sur nos vestes antiflak étendues sur le sol.

Par intercom Snow dit à notre pilote, le Lieutenant Colonel Benton Baldwin, que nous avions été touché dans l’aile gauche et qu’il y avait le feu entre les moteurs.
La flak s’arrêta et Baldwin prit de l’altitude par un virage en montée.
Une langue de flammes remontait aussi loin que notre fenêtre et la couleur argentée de l’appareil reflétait son éclat orange.
Le chef d’équipage dit au Lieutenant Albert Richey que de l’essence s’épandait partout dans la soute à bombes.

Cette forteresse contenait 2000 gallons (7600 litres) d’essence spéciale pour avions qui pouvaient presque prendre feu par vent très chaud.
Un des moteurs était en train de brûler, celui à côté de lui commençait à prendre feu, l’appareil était encore sous contrôle mais personne ne savait pour encore combien de temps.

Pendant que nous oscillions nous regardions les C46 arriver dans ce qui semblait un mur de flak, je ne pouvais pas voir la flak mais l’un après l’autre les avions tombaient. Toute notre attention était concentrée sur notre propre avion, il pouvait exploser en plein air à n’importe quel moment, nous nous sommes rapprochés de fenêtres.
Depuis le poste de pilotage sortait de la fumée brûlante et l’intercom s’arrêta.

Là bas dans le cockpit, Colonel Baldwin gardait l’appareil sous contrôle, regardant le feu grignoter un trou de plus en plus grand dans l’aile gauche comme une cigarette mal éteinte sur une nappe de table.
Comme il regardait l’aile de par dessus il ne pouvait voir un grand feu dont les flammes étaient principalement sous l’aile.

Soudain nous sommes parties dans une chute abrupte, à l’arrière nous ne savions pas ce qu’il se passait.
Tout ce que nous voyions était la fumée, un bruit assourdissant et de petits fragments de métal fondus que l’aile larguaient qui brillait dans le soleil comme ils passaient devant la fenêtre de fuselage.

Nous avons retire nos vestes et casques antiflak. Je me suis baissé et j’ai attaché mon parachute ventral, il était maintenant évident que nous allions devoir sauter.
Mais en dessous de nous il y avait encore cette froide campagne couverte de fumée grise à l’est du Rhin.
Impossible de dire ce qu’il se passait là dessous, ça n’était pas entre les mains des ennemis mais un c’était un champ de bataille.

Nous tombions pour la trempette, je croyais que les pilotes avaient été touchés, et j’ai mis mes mains sur le rebord de la fenêtre pour sauter.
Mais le Colonel a repris la situation en main nous avons tenu bon.
Il n’y avait pas de mouvement parmi les hommes dans le fuselage, nous étions debout et attendions ce qui allait se passer, la flak ? Encore plus de flammes ? Une explosion ? Ou le Rhin pour pouvoir nous glisser par dessous ?
Il n’y avait rien d’autre à faire, après ce qui sembla des heures le Rhin était finalement en dessous de nous, l’aile gauche était toujours en flammes mais trois moteurs tournaient encore.

Nous étions à peine passé la rivière que Roy Snow revient et nous dit que le pilote voulait que nous sautions.
Cet ordre et le Rhin étaient tout ce que nous attendions le plus.
Le Colonel O’Neal revint à l’arrière et commença à se débattre avec la poignée qui permettait de larguer la porte arrière.
J’ai secoué mon ventral de haut en bas pour être sur qu’il était sur, les autres gars ont fait le même.
Le Colonel O’Neal était toujours en train de se battre avec la porte, je suis parti vers l’arrière pour lui donner un coup de main.

Il n’y avait pas de panique mais même si nous semblions décontracté et sereins l’actualité ne l’était pas.
L’idée prioritaire de tout le monde à ce moment était de foutre le camp de cet avion.
Nous volions toujours à moins de 1000 pieds (330 mètres) ce qui ne nous laissait que peu de temps.
J’ai abandonné avec à peine du regret mon équipement d’enregistrement, ma machine à écrire, mes notes et ma veste dans le compartiment radio. De tout le cameraman seul Quand pensait prendre le film de sa caméra avec lui mais il était inutile d’essayer de sauter avec quelque chose dans vos mains parce que l’ouverture du parachute ferait tomber tout ce qui n’est pas attaché sur vous.

Le Colonel finit finalement à ouvrir la porte et s’accroupit pendant un moment, j’ai crié « Ok Colonel on y va », il n’a pas entendu mais a culbuté, je suis passé par la porte.
Nous sautions d’a peu prés 600 pieds (200 mètres) donc j’ai tiré sur la poignée d’ouverture presque immédiatement.
J’allais atterrir dans un pré et j’essayais d’évaluer ma hauteur pour me préparer à l’atterrissage, je continuais à ouvrir et fermer mes yeux mais j’étais à peine capable de suivre le rythme.
Je me rappelle avoir plié mes genoux et la seconde d’après j’ai touché le sol dans un grognement.
J’ai retiré le parachute et je me suis remis sur mes pieds.
A ma grande surprise je suis resté là avec le vent dans le dos.
Tout autour de nous alors que nous attendions les aéroportés sur la route d’approche il y avait des C47 démolis et qui brûlaient dans les champs.

Après un moment je me suis rendu compte que mon oeil me faisait mal et qu’en fait le parachute m’avait fait un beau cocard quand il s’était ouvert devant mon visage.
Le lendemain en faisant de l’auto stop pour retourner sur Paris j’ai reçu un télégramme de mon boss à Londres qui disait ‘’Mieux vaut avoir un œil mauve qu’une Purple Heart.’’

______________________________
Mon site: http://usairborne.be
l'adresse mail: x_va@hotmail.com

"L'homme est souvent décevant,
mais parfois époustouflant."
Olivier de Kersauson


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
L'Amiral
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 08 Nov 2005
Messages: 7 371
Anniversaire: 29/06/1976
Localisation: Arquennes - Belgique
Country: Belgique

MessagePosté le: 28/03/2010 16:02:55    Sujet du message: Opération Varsity Répondre en citant

Bonjour, quelques "documents exclusifs".
lors de son séjour en Belgique, Curtis Gadd (que vous avez peut-être rencontré) passa ne journée en Allemagne, sur les traces de l'opération Varsity. Curtis retrouva l'endroit où il a atterrit mais aussi la ferme où le Pfc Stuart S Stryker perdit la vie, dans une action qui lui vaudras la Medal of Honor.

Curtis Gadd se tient là où il a atterrit il y a 65 ans.


Curtis et une amie Hollandaise. Derrière eux, le bâtiment servit de station de secours.


Sur google map, le rond jaune symbolise l'endroit où Curtis atterrit.


Curtis rencontre l'actuel propriétaire de la "ferme stryker".
La ferme se trouve derrière eux.

Voici les coordonnés de l'endroit du saut de Curtis: N 51 43.31 / E 6 35.11
______________________________
Mon site: http://usairborne.be
l'adresse mail: x_va@hotmail.com

"L'homme est souvent décevant,
mais parfois époustouflant."
Olivier de Kersauson


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: 03/12/2016 05:37:21    Sujet du message: Opération Varsity

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum -> L'Histoire de la Seconde guerre mondiale -> Campagnes et Opérations Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 

 
Sauter vers:  

Portail | Index | Créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Xooit.com :: Top Forums Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com