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Le service dentaire de l'armée allemande

 
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MessagePosté le: 18/07/2010 14:49:21    Sujet du message: Le service dentaire de l'armée allemande Répondre en citant

Le service dentaire de l’armée allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale
par
Xavier Riaud


Organisation de la dentisterie militaire allemande sous l’égide des nazis, dès 1933 :
Avec la prise de pouvoir des nazis en 1933, les chirurgiens-dentistes ont été également inclus dans la préparation à la guerre. Avant 1933, 12% des chirurgiens-dentistes appartiennent au « Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei ou N.S.D.A.P. (Parti national socialiste des travailleurs allemands ou Parti nazi)» qui bénéficie de plus, d’un large cercle de sympathisants. Le « Reichsverbandes der Zahnärzte Deutschlands e.V. ou R.V. (Union du Reich des chirurgiens-dentistes d’Allemagne) » est très vite réorganisé et l’installation du nouveau conseil d’administration le 24 mars 1933, avec à sa tête, Ernst Stück, un chirurgien-dentiste de Leipzig, ressemble à un passage en force. Dès le 23 mai 1933, Stück ordonne que les responsables syndicaux des régions et des cantons se dotent d’un représentant politique appartenant au N.S.D.A.P.
Le 2 octobre 1933, le ministre de l’Intérieur du Reich nomme Stück au poste de « Reichszahnärzteführer (Chef des chirurgiens-dentistes du Reich) ». Le R.V. obtient alors un nouveau statut. Les chirurgiens-dentistes font dès lors partie de la politique sanitaire nazie.
Le 1er octobre 1934, le Reichszahnärzteführer décrète que tout chirurgien-dentiste qui n’est pas encore installé doit suivre un enseignement idéologique, militaire et professionnel de huit semaines. C’est une condition sine qua non d’agrémentation des caisses. Sa durée est de 8 semaines.
Lors de la 7ème assemblée des chirurgiens-dentistes d’Allemagne en 1935, le R.V. change de nom et devient le « Deutsche Zahnärzteschaft ou D.Z. (Association des chirurgiens-dentistes allemands) ». Par cette évolution, la profession adopte l’idéologie d’aryanisation du régime nazi.
Après 1935, lorsque le service national est mis en place, les chirurgiens-dentistes sont incorporés pour des exercices militaires à court terme. Après 1933, les connaissances médicales des chirurgiens-dentistes sont utilisées dans la défense aérienne en prévention d’une attaque de pays voisins ou en protection de la population civile en cas d’agression. Un dentiste peut se retrouver aux commandes d'une unité de DCA par exemple, dans ce but.
Le D.Z. participe symboliquement après sa fondation en 1935 à l’équipement de la Luftwaffe, en offrant un avion à Göring.
Installée en 1926, la première ambulance dentaire dans une remorque de poids lourds est présentée officiellement au congrès du parti nazi en 1935 à Nuremberg.
Jusque-là, l’assistance et la thérapeutique dentaire ont été trop peu prises en compte sur le plan sanitaire. Dès 1935, la classe médico-dentaire réclame une mise en place à grande échelle d’infrastructures de chirurgie maxillo-faciale pour un éventuel conflit. Jusqu’au début de la Seconde Guerre Mondiale, le système des soins délivrés par le service dentaire de la « Reichswehr (Armée du Reich) » reste inchangé.
En 1933, le Reichszahnärzteführer ordonne la création d’une « Akademie für Zahnärztliche Fortbildung (Académie pour la formation continue des chirurgiens-dentistes)». Elle permet le contrôle de la profession, la mise en place de l’idéologie nazie au sein de ce métier et la maîtrise du contenu de la formation, ce qui facilite l’endoctrinement. Les chirurgiens-dentistes ont l’obligation d’assister aux enseignements de cet organisme. De 1933 à 1939, Emil Kiefer dirige cette académie. Le 1er janvier 1939, Georg Axhausen remplace Kiefer. Axhausen est un chirurgien maxillo-facial expérimenté de la Première Guerre Mondiale. Il doit adapter la formation aux exigences pratiques de la guerre en préparation.
Elle a pour principal objectif d’influencer et de contrôler les chirurgiens-dentistes. Par là même, en encadrant leur activité, elle participe à la préparation du pays à la guerre.
L’Etat n’a pas cédé aux revendications de la classe professionnelle qui réclame un service médico-dentaire. L’aménagement de lieux de soins et la rémunération des dentistes qui réclament un rang d’officier comme les médecins, sont trop coûteux. En cas de guerre, des chirurgiens-dentistes seront engagés et prendront le titre de « fonctionnaire de haut rang ». Sans réelle affectation, ils occuperont 1 à 2 postes réservés à ce titre dans les compagnies sanitaires des divisions. Un chirurgien-dentiste devient ainsi responsable d’une division de 18000 hommes.
Un service sanitaire médico-dentaire spécifique est mis en place dès 1933, pour les « Hitlerjugend (Jeunesses Hitlériennes) ». En 1938, 800 chirurgiens-dentistes suivent les 7 millions de jeunes déjà rassemblés.

Organisation de ce service après la déclaration de la guerre :
Le 1er septembre 1939, les Allemands pénètrent en Pologne . La Seconde Guerre Mondiale commence.
En 1939, sur 1600 soldats, 73,13% ont besoin de soins dentaires. Le besoin en soins est donc bien réel.

- dans la Luftwaffe (Armée de l’air):

Dès le 8 novembre 1939, des chirurgiens-dentistes sont employés comme officiers de santé du service dentaire de la Luftwaffe.
Pour assurer des soins dentaires suffisants aux soldats de l’armée de l’air pendant la guerre, des postes pour des officiers sanitaires affiliés au service dentaire sont créés dans le corps sanitaire de l’armée de l’air. Ces postes doivent être occupés par des dentistes autorisés. Les unités de troupes reçoivent des dentistes. Chaque région aérienne a environ 100 postes de dentistes de troupes à pourvoir.
Les unités sanitaires et les hôpitaux militaires reçoivent des dentistes de section. Des unités dentaires motorisées peuvent être mises en place en cas de besoin.
Les garnisons particulièrement étendues ont des postes ambulatoires avec 5 ou 6 dentistes et 25 à 30 mécaniciens dentaires. Les coûts pour une ambulance centrale de cette sorte s’élèvent mensuellement à un quart de millions de Reichsmarks.
Environ 1/5 de tous les officiers sanitaires sont des officiers dentaires, soit environ 1500. Les sections sanitaires de remplacement disposent de groupes prêts à intervenir pour le service dentaire.

- dans la Kriegsmarine (Marine de guerre) :

Pendant la Première Guerre Mondiale, des dentistes appelés ou volontaires au grade de matelots sont employés comme aide pour le maniement des pièces d’artillerie, sur des bateaux en postes avancés ou comme personnel assistant maritime. A cette époque, en dépit de leurs grades inférieurs et en accord avec leurs supérieurs, des dentistes ont soigné les dents de membres d’unités dans des conditions souvent primitives. Les chefs de ces unités ont pris conscience que le suivi dentaire des troupes au front est indispensable. Un soldat qui a besoin de soins dentaires peut être obligé de s’absenter entre une demi-journée et une journée entière selon l’éloignement des postes de soins. Si les soins sont exécutés au sein de l’unité même, le soldat est de nouveau disponible au bout d’une demi-heure. Il est clair que des soins rapides et corrects augmentent la disponibilité et la force de combat de la troupe.
Après 1918, la marine allemande est démantelée.
Le 18 juin 1935, un pacte anglo-allemand est signé qui autorise les Allemands à s’équiper d’une marine de guerre.
En 1940, la Marine enrôle à son tour des praticiens et met aussi en place un service de réserve.
« Kriegsmarineverordnungsblatt Nr. 12/1940 vom 1. April 1940
§ 1 : Es wird eine Laufbahn der Marinezahnärzte d.B. gebildet.
II. Besondere Bestimmungen über die Marinezahnärzte d.B.
A. Ergänzung.
Die Marinezahnärzte ergänzen sich aus den in §5 Abs. 1b und §6 bezeichneten Wehrpflichtigen d.B., die zahnärztliche Bestallung besitzen.
B. Ausbildung (der Wehrmachtsbeamtenanwärter d.B.)
Die Marinezahnärzte d.B. haben eine Ausbildungszeit von 8 Wochen abzuleisten. Die Ernennung zum Wehrmachtsbeamtenanwärter d.B. erfolgt bei Feststellung entsprechender Eignung nach Ablauf von 4 wochen Ausbildungszeit durch die Chefs der Marinestationen.
C. Ernennung zum Wehrmachtsbeamten d.B. und Beförderungen.
Die Wehrmachtsbeamtenanwärter d.B. werden nach erfolgreicher Ableistung der vorgeschriebenen Übungen zu Marinezahnärzten d.R. ernannt. Sie können zu Marineoberzahnärzten d.R. befördert werden.
Geeignete ehemalige Offiziere und Wehrmachtsbeamte im Offiziersrang, die die Bestallung als Zahnarzt besitzen, können unmittelbar in den Beurlaubtenstand der Marinezahnärzte überführt werden. Sie erhalten den irhem bisherigen Rang entsprechenden Dienstgrad.
D. Uniform und Rang.
Die Marinezahnärzte d.R. haben den Rang wie ein Kapitänleutnant, die Marineoberzahnärzt
d.R. den wie ein Korvettenkapitän .
Sie tragen die Uniform der Wehrmachtsbeamten d.B. des entsprechenden Ranges mit den in den Bekleidungs- und Anzugsbestimmungen festgelegten Laufbahnabzeichen.
(Ordonnance de la Marine de guerre Nr. 12/1940 du 1er Avril 1940 :
§1: est créée une carrière de dentiste de la Marine.
II. Dispositions particulières concernant les dentistes de la Marine.
A. Complément.
Les dentistes de la Marine se recrutent à partir des astreints au service militaire conformément au §5, 1b et §6, et avec une appellation dentaire.
B. Formation (des aspirants au poste de fonctionnaire de la Wehrmacht).
Les dentistes de la marine doivent suivre une formation de 8 semaines. La nomination au grade d’aspirant au poste de fonctionnaire de la Wehrmacht se fait au bout de 4 semaines de formation par le chef des stations de marine sur la base de la constatation des connaissances requises.
C. Nomination au poste de fonctionnaire de la Wehrmacht et avancement.
Les aspirants au poste de fonctionnaire de la Wehrmacht sont nommés dentistes de la Marine après avoir accompli avec succès les exercices demandés. Ils peuvent être avancés au rang de dentiste en chef de la Marine. Des anciens officiers aptes et des fonctionnaires de la Wehrmacht ayant le rang d’officiers, qui possèdent la nomination dentaire, peuvent immédiatement être mis en disponibilité comme dentistes de la Marine. Ils obtiennent alors le grade qui correspond à leur ancien rang.
D. Uniforme et rang.
Les dentistes de la Marine ont le rang de lieutenant de vaisseau, les dentistes en chef, celui de capitaine de corvette.
Ils portent l’uniforme des fonctionnaires de la Wehrmacht correspondant au rang qui est le leur avec les insignes particuliers à leur carrière, comme il est prévu dans les ordonnances sur les vêtements et les costumes.) »
Les dentistes de la Marine sont subordonnés à l’officier en chef du service sanitaire de leur spécialité et au niveau des troupes, à l’officier commandant de garnison. L’expert dentaire doit diriger l’emploi du personnel et surveiller l’utilisation du matériel dentaire. Pour les affaires relevant du domaine strictement dentaire, il est conseillé par un dentiste. Ces experts sont des officiers dentaires avec le grade de médecin en chef de la Marine.
La Wehrmacht et la Luftwaffe ont déjà intégré des dentistes dans le corps des officiers sanitaires, lorsque la Kriegsmarine commence à le faire à l’automne 1944. Les dentistes de la Marine reçoivent le nouveau grade d’aspirant / aspirant chef, selon leur ancien grade, afin de prendre part à la formation d’officier qui se déroule à Stralsund.
A la fin de la formation, les participants deviennent médecin assistant de la Marine.
En février 1945, un second cours a lieu à Stralsund. Les officiers ainsi formés doivent être conduits à Prague pour compléter une compagnie de la Waffen-SS . Grâce à l’intervention du Dr Kutscher , médecin en chef de la Marine et expert dentaire au service sanitaire de la mer Baltique, cela sera évité.
Les dentistes recrutent leur personnel. Il provient pour le plus grand nombre de gradés sanitaires, mais aussi de personnel féminin. Après la mise en place de la carrière de dentiste de la Marine, les postulants sont familiarisés avec leur future activité dans une station dentaire de la Marine au cours d’un stage de 4 à 5 semaines. Il y en a un à Baden notamment, près de Vienne. Le personnel féminin s’y retrouve aussi. En effet, les infirmières y sont également formées. Mais, à bord, celles-ci ne sont pas employées. Pour la conception des prothèses, des mécaniciens dentaires et des dentistes non diplômés travaillent dans des laboratoires bien équipés.
Jusqu’en 1943, des initiatives privées et l’improvisation sont encore prépondérantes pour l’acquisition du matériel et des instruments nécessaires. Un équipement standard est imposé cette année-là, pour la Kriegsmarine, dans le décret MDv nr. 271/8 « Soll der Sanitätsausrüstungen, Zahnärztliche Ausrüstung (Stocks pour l’équipement sanitaire et dentaire)». Cette note est divisée en 6 articles.
« Abschnitt 1 : Zahnärztliche Ausrüstung für Schiffe mit Zahnarzt oder zahnärztlich voll ausgebildetem Sanitätsoffizier. Bezeichnung: Groβe Marinezahnausrüstung (G.M.Z.A.).
Schiffe mit mehr als 800 Mann hatten einen Zahnarzt oder einen doppelapprobierten Sanitätsoffizier an Bord. In jedem Fall war für die Zahnbehandlung ein besonderer Raum vorgesehen. Für das Instrumentarium war der Zahnarzt verantwortlich, die Soll- und Istbestandskartei sowie der Nachweis über zahnärztliche Verbrauchsgegenstände wurden von der Sanitätsschreibstube geführt. Als Vereinfachung war vorgesehen, daβ Verbrauchsgegenstände nicht einzeln in Verordnungsbüchern, sondern am Ende eines Vierteljahres in einer Gesamtverbrauchsbescheinigung zusammengefaβt wurden.
(Article 1: équipement dentaire pour les bateaux avec un dentiste ou un officier sanitaire de formation dentaire complète. Désignation : GMZA (Grand équipement dentaire maritime).
Les bateaux avec plus de 800 hommes d’équipage ont, à bord, un dentiste ou un officier dentaire doublement autorisé. Dans tous les cas, une pièce spéciale est prévue pour les soins dentaires. Le dentiste est responsable de l’équipement instrumental, des fichiers de stockage et de commande ainsi que des pièces justificatives concernant les objets de consommation dentaires qui sont tenus à jour par le secrétariat sanitaire. A des fins de simplification, ces objets ne doivent pas être notés un par un dans les registres, mais ils doivent être enregistrés dans un carnet une fois par trimestre.) »
Dans la mer du nord, les dentistes de la Marine travaillent sur des bateaux aménagés en hôpitaux. Ce sont le Birka et l’Alexander von Humboldt. Ils soignent aussi les soldats en garnison sur les îles proches de la Norvège. Les dentistes officient dès lors dans les hôpitaux militaires de la Marine.
En fonction du tonnage du navire, un équipement médical différent sera attribué. Ainsi, la première génération de croiseurs a un équipement dentaire très primitif : des tours à pied, de simples lampes réglables et de simples chaises avec accoudoirs et repose-tête. La deuxième génération de croiseurs recevra suite à l’ordonnance MDv 271/8, un équipement conforme. Le matériel consommable est à bord, en quantité suffisante. Pourtant, après une année dans l’Atlantique sud et six autres mois dans le Pacifique, il a fallu renouveler les stocks. La surveillance de la nourriture pour éviter tout risque de scorbut, est confiée au médecin de bord et au médecin d’escadre sur les bateaux sans médecin.
Le croiseur Atlantis a été en tout deux mois en mer. Avant le départ en mission, l’équipage de 350 hommes a reçu des soins dentaires. Un marin souffrant des dents en mer n’est plus opérationnel. Autant que les règlements le permettent, afin de supporter le climat tropical, des prothèses fixes ou mobiles ont été mises en place chez ceux qui le nécessitent. Le second médecin, le Dr Bernhard Sprung a achevé un stage dentaire de 4 semaines à la clinique universitaire de Kiel. Une fois en mer, le Dr Sprung effectue 534 plombages et 77 extractions chez les membres de son équipage. Il réalise également 69 extractions et 389 plombages chez les marins des bateaux capturés. Une fois, au port de Saint-Nazaire, les matelots allemands subissent un examen de contrôle qui permet de constater un très bon état des dents et des gencives.

- dans la Wehrmacht (Armée de Terre):

Au début de la guerre, le nombre de praticiens est totalement insuffisant et l’instrumentation tellement désuète et obsolète que la Wehrmacht organise la récupération des caisses d’instruments utilisés lors de cursus universitaires.
En 1941, l’équipement des compagnies sanitaires est complété par le sac de marche pour les dentistes qui doivent ainsi pouvoir apporter immédiatement les premiers soins sur le front. A cette fin, les sacs sanitaires déjà mis en place pour les officiers sanitaires sont utilisés. Les stations dentaires mobiles sont elles, équipées d’infrastructures permettant l’économie des métaux. Des petits cubes en acier sont transformés en couronnes anatomiques grâce à un simple procédé de pression. L’équipement dentaire est perfectionné avec l’apparition du « Zahnärztliches Gerät 41 (appareil dentaire 41) » qui est composé de 6 coffrets utilisables par les différentes unités de campagne. En plus d’un grand assortiment d’instruments, d’appareils et de médicaments, ils contiennent des réserves de matériel pour plusieurs semaines. Des travaux parfaits et des interventions rapides ont pu être ainsi effectués en un minimum de temps, en évitant le désagrément du démontage-remontage de l’installation. Début 1941, cette installation est complétée par un fauteuil de soins et d’examen.
Très vite, interdiction est faite de solliciter pour des soins dentaires à la troupe ou dans des hôpitaux militaires, des chirurgiens-dentistes appelés sous les drapeaux hors de leurs unités. Des installations dentaires clandestines de fortune voient le jour à toutes les étapes et sur tous les fronts.
Aucune infrastructure satisfaisante n’est en mesure au début de la guerre de garantir une couverture de soins idéale aux soldats face aux besoins réels. Cependant, 80% des blessés à la mâchoire sur le front seront soignés jusqu’à guérison complète. Pour les coups de feu dans la mâchoire, Axhausen exigera, après des soins dentaires et d’orthopédie maxillaire préliminaires, un soin opératoire de la blessure avec, pour finir, une suture partielle. Les dentistes présents dans les cabinets d’orthodontie des hôpitaux militaires de réserve, avec une formation de chirurgie maxillaire sont employés au poste d’officiers sanitaires, en tant que dentistes de guerre.
L’implication des chirurgiens-dentistes est considérable et contribue fortement à la remise en état plus rapide des blessés, à leur retour sur le front et à la continuation de la guerre.
En 1940, l’« Arbeitsgemeinschaft für Paradentoseforschung (Groupe d’étude pour la recherche sur la parodontologie) » cherche à mettre à profit la guerre pour améliorer et développer les connaissances dans le domaine parodontal. « Wir wollen unseren bescheidenen Teil dazu beitragen, aus den Schrecknissen des Krieges auch für unser Gebiet Positives herauszuholen und nicht nur als Soldaten, sondern auch als Zahnärzte überall unseren Mann zu stehen. (Nous voulons apporter notre modeste contribution, afin de tirer des horreurs de la guerre également, quelque chose de positif dans notre domaine et de faire nos preuves, non seulement en tant que soldats, mais aussi en tant que chirurgiens-dentistes.) »
Au début de la Guerre, le Dr Stück en appelle aux chirurgiens-dentistes et à leur patriotisme.
« Keiner ist unter uns, der nicht in unerschütterlicher Treue und blindem Gehorsam in dieser Stunde dem Führer folgen wollte, komme was da wolle!... Wo der deutsche Zahnärzte auch stehen mag, ... überall wird er sein Letztes hergeben, um dem Führer den Sieg erkämpfen zu helfen. Opfer und Entbehrungen mancher Art werden unausbleiblich sein. Sie werden als selbstverständlich zu erfüllende Pflicht ertragen werden. (Il n’y a personne parmi nous qui ne soit pas prêt à suivre le Führer avec une confiance inébranlable et une obéissance aveugle, peu importe ce qu’il arrive !... Peu importe où se trouve le dentiste allemand…Partout, il fera tout afin d’aider le Führer à remporter la victoire. Des sacrifices et des privations de toutes sortes seront inévitables. Ils seront naturellement acceptés comme un devoir à accomplir.) »
Aussitôt, 6000 chirurgiens-dentistes sont incorporés.
Cet engouement massif pour le drapeau pose le problème des soins à la population civile. Priorité est donnée aux soldats. Tellement que le Dr. Stück dira: « Der Einberufene an der Front muβ die Überzeugung haben, daβ für seine Angehörigen in ausreichender und gerechter Weise gesorgt ist. (L’appelé au front doit avoir la conviction, que l’on s’occupera justement et suffisamment des siens.) »
Il ne s’agit pas là de charité, mais de maintenir le moral des combattants.
Début 1942, des cabinets dentaires sont créés sur les lieux de passage importants. Mais, dans le même temps, des dentistes et des mécaniciens dentaires sont rassemblés dans différentes unités et doivent organiser des stations dentaires avec du matériel provenant de leur propre cabinet ou issu du butin récupéré par la Wehrmacht dans les territoires conquis.
Six à huit stations sont mises en place. Elles sont mobiles et disposent de 3 dentistes, du personnel technique approprié et des meilleurs équipements. Elles sont sous l’autorité de l’inspection sanitaire et doivent intervenir où règnent les besoins dentaires les plus urgents. Quarante à cinquante soldats sont soignés par jour .
En 1942, les deux professions dentaires, – chirurgiens-dentistes et dentistes non diplômés –, depuis toujours rivales, s’allient et forment le « Zahnärztlichdentistische Arbeitsgemeinschaft ou Z.D.A. (Groupe d’étude des chirurgiens-dentistes et des dentistes) » pour résoudre le désastre de santé publique qui se profile à l’horizon. En 1943, le Z.D.A. est autorisé à délivrer l’agrément provisoire nécessaire à la pratique dans les caisses, aux chirurgiens-dentistes et aux dentistes.
En 1943, un second poste de dentiste est créé. Afin d’accélérer la remise en état des troupes, 50 stations dentaires et 19 laboratoires de prothèses dentaires sont installés. Un grand laboratoire civil à Hagen est transformé en laboratoire militaire.
Le 12 avril 1943, Stück ordonne la remise en état des cavités buccales des jeunes hommes nés en 1927, alors âgés de 16 ans, tous susceptibles d’être incorporés. Les soldats qui se battent pour leur pays, doivent être en bonne santé. Tous les chirurgiens-dentistes qui ne sont pas sur le front, doivent participer à cette action. En 1944, il élargit cette action à tous les jeunes hommes nés en 1928 et 1929, alors âgés de 16 et 15 ans.
Avec l’avancée des Alliés, la santé du peuple allemand ne sera plus privilégiée. Le 30 août 1944, le Reichszahnärzteführer fixe le nombre de consultations hebdomadaires des dentistes pour les civils à 49.
Acculés à la défaite, les Allemands doivent se soumettre aux exigences alliées. Le 8 mai 1945, le Maréchal Keitel signe la capitulation sans condition.

- La dentisterie SS

Brièvement, un cabinet dentaire est installé dans chaque grand camp de concentration. Le dentiste SS est placé sous la responsabilité du médecin en chef du camp . L’or dentaire (des détenus morts) est réservé aux officiers. Les soldats reçoivent des soins basiques. La délivrance d’or pour une prothèse se fait sur demande à l’administration SS centrale.
Il existe une compagnie de dentistes au nombre de 50 à 60, la Section dentaire d’intervention de la Waffen-SS 500, qui est stationnée en permanence à Prague. En cas de besoin, des dentistes de cette compagnie sont envoyés vers les unités de front. Des unités dentaire mobiles naviguent au sein des régiments sur les différents fronts.

Références bibliographiques :
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Buchner Alex, The German Army Medical Corps in WWII, Schiffer Publishing, Atglen, U.S.A., 1999.
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Charita Joseph, collection privée, Oostduinkerke, Belgique, 2004.
De Lannoy François, Une récompense d’exception, les brillants de la croix de chevalier de la Croix de fer, in 39/45 Magazine, n°211, Bayeux, avril 2004.
Fack Geoffroy, La reddition inconditionnelle, la pire faute de toute la guerre ?, in Seconde Guerre Mondiale 1939 – 1945, n°9, Puteaux, juillet/août 2003.
Fischer Hubert, Der deutsche Sanitätsdienst 1921 – 1945, Biblio Verlag, Osnabrück, 1985, Band 3.
Fischer Hubert, Der deutsche Sanitätsdienst 1921 – 1945, Biblio Verlag, Osnabrück, 1985, Band 4.
Haussermann Ekkhard, Der Weg in die Gleichschaltung, in Zahnärztliche Mitteilungen, Deutsche Zahnärzte 1933 bis 1945, Köln, 1996 und 1997.
Haussermann Ekkhard, NS-Zeit – ein Kapitel der Verdrängung, in Zahnärztliche Mitteilungen, Deutsche Zahnärzte 1933 bis 1945, Köln, 1996 und 1997.
Konieczny Bruno, collection privée, Calais, France, 2003 – 2004.
Riaud Xavier, Les dentistes allemands sous le IIIème Reich, L’Harmattan (éd.), Collection Allemagne d’hier et d’aujourd’hui, Paris, 2005.
Schulz Claus-Dieter, Die Militärzahnmedizin in Deutschland, Bonn, 1993, Beta Verlag, Deutsche Gesellschaft für Wehrmedizin und Wehrpharmazie e.V.
Thiébaut Patrick, La diplomatie hitlérienne (1ère partie), in Seconde Guerre Mondiale, janvier/février 2003, n°6, p. 16 à 23.
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